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(1985)

Merci d'être venus quand même......
Publié en 1985 dans LIBERATION, FRANCE SOIR et dans le programme de la tournée (extraits)

Jean-Jacques Goldman est vraiment nul !
L'art de faire du plein avec du vide

Tous les hommes sont nés chanteurs... sauf quelques chanteurs. Goldman est de ceux-là. Rien ne prédisposait ce gentil dadais..., à devenir la mascotte des ados et pré-ados de douze à seize ans... L'image bêtasse et godiche... Il est de salubrité publique de crier haut et fort qu'avec Jean-Jacques Goldman on s'approche au plus près du degré zéro de la chanson française. Une sorte de panacée de la grande vacuité musicale de ce milieu de décennie vagissante.
... Reconverti dans la savonnette manufacturée... ses ritournelles sont navrantes, ... Goldman n'a cessé de s'autoplagier, exploitant jusqu'à la corde le filon des ballades scout, révisées funky avec une savante panoplie d'arrangements racoleurs... Le BHL de la ritournelle gère mièvrement son patrimoine d'inanité sonore.
Adepte du tube-éprouvette, la scène n'est guère son affaire. Goldman y paraît aussi peu à l'aise qu'un louveteau dans le vestibule d'un life-show... S'il se mêle de faire des enchaînements humoristiques, genre talk blues, on souffre pour lui. Devant tant de gentil patronage, les mouflets lèvent leur briquet allumé, ... Goldman chante. Une curiosité. Pourquoi ne fait-il pas de la peinture, se demande-t-on tout de suite. La voix s'étrangle dans les aigus, semblables aux piailleries d'une orfraie tétanisée. Les premiers rangs craignent une otite. Les balcons demandent des Cotons-tiges... Refrains boiteux, inspiration indigente, ces bredouilles enamourés semblent hâtivement traduits du moldo-valaque. Avec Goldman, le face-à-face avec l'écriture relève de la brève escarmouche. Son extrême économie de moyens confine à la disette créatrice...
Qu'est-ce que la vogue en chanson sinon le résultat de l'adaptation d'un esprit malin au grégarisme du moment ? Goldman est un magnifique exemple de chantre mou, systématisant le couac et réinventant le néant des décibels... D'une rare opiniâtreté dans le médiocre, d'une haute fidélité dans le lieu commun, il est plus juste de parler de décomposition que de composition...
Dire que Jean-Jacques Goldman est un produit pharmaceutique au goût saumâtre et aux effets secondaires fâcheux n'est pas un outrage, c'est un diagnostic. Mais les gens aiment bien les purges... La preuve du pire, c'est parfois la foule. Elle sera au rendez-vous.
Patrice DELBOURG
L'évènement du Jeudi N°57 du 5 au 11 Décembre 1985

Le navrant Jean-Jacques Goldman maintient ses dates de décembre (au Zénith). Préparez les chaloupes !
Patrice Delbourg, L'évènement du Jeudi

Il faut gratter. Et c'est là qu'on découvre qu'il n'y a "rien grand-chose" sous la couche superficielle du sourire... Goldman est un produit manufacturé... Sorti du moule infaillible de la variété prospection. Un superbe paquet de lessive qui doit sans doute laver plus blanc que les enzymes ou l'anti redéposition mais un paquet de lessive quand même... On a vu fleurir des dizaines de Jean-Jacques Goldman aux quatre coins des scènes françaises. Il n'en reste guère aujourd'hui mais il demeure par contre beaucoup de "cerveaux" dans les maisons de disque bien décidés à réexploiter les vieux filons... On aurait parfois envie que sa musique prenne quelques vitamines hier ou demain, histoire d'échapper à cette redondance rythmique qui l'emprisonne de bout en bout du spectacle. Mais après tout pourquoi se casser la tête à créer de la musique personnelle lorsque la soupe instantanée des supermarchés de la variété crève tous les records de vente... rythme immuable et que des "trucs scéniques" trompe l'oeil. Belle façade ce Jean-Jacques Goldman mais ne vous avisez pas de franchir la porte, il n'y a derrière que des travaux d'aménagement...
A Th La Nouvelle Gazette le 23/11/83

... Et nous, Français, qui savons pertinemment que les "variétoches" c'est Dalida - Sardou - Sheila - Lama - Goldman, nous nous étouffons !...
Christian Perrot,
Rock et Folk

Le rocker mou... lui pour qui l'essentiel du jeu de scène consiste à conserver les manches de sa veste au-dessus des coudes.
P.T. Les Nouvelles d'Orléans 21/03/81

Les petites filles du premier rang tapent avec enthousiasme dans leurs mains...
Les spectacles de Jean-Jacques Goldman possèdent le charme sucré des plaisirs éphémères.
AFP DS/YS

On dirait un Balavoine quelque peu enrhumé. Avec une batterie obsédante qui vous dévisse la tête... Pas de panique il n'y a rien là de rarissime. Attendez le prochain Capdevielle pour investir.
Patrice Delbourg / 1981

Question musique c'est déjà plus dur. Il a une voix difficilement supportable, en ce qui me concerne plus de trois chansons ; il rappelle tantôt Balavoine (sans le feeling), tantôt Berger (sans la classe). Ses chansons, quand à elles sont banales et ses mélodies guère variées. Vous y trouvez des violons pour émouvoir et des guitares pour son image de marque... Positif, un titre mal choisi.
M.R. Affiches le 7/02/84

Il est certain qu'en faisant passer par Calais la tournée de Jean-Jacques Goldman, Le Centre de Développement Culturel, a ciblé un public qui ne vient jamais au théâtre : celui des jeunes filles qui préfèrent rêver à la lecture des anecdotes intimes sur la vie privée de leurs vedettes plutôt que de s'enrichir l'esprit... Il est vrai que dans le panorama de la variété française actuelle le chanteur occupe bien cette place d'excitant pour jeunes gens qui préfèrent souvent sécher les cours pour aller s'amuser sur les musiques à la mode... Il est évident qu'un concert Goldman n'est pas fait pour un théâtre où nous étions plus habitués à aller entendre la traditionnelle "bonne chanson française"... Vedette de fraîche date et certainement pour un temps éphémère...
C.N. Nord Littoral 18/11/1983

Une voix de "castral endimanché" et des textes souvent mièvres pour être vraiment honnêtes...
Jean Ellgas, 24 Heures le 4/03/81

Les "minettes", les "minets" aussi fleurissaient, telles les petites pâquerettes de mai, hier soir à la MCC. La maison de la culture s'était muée en une ruche bourdonnante, pour ne pas dire hurlante, voire vociférante, d'abeilles... Il est apparu, beau comme un chou-fleur de Bretagne... fonctionne dans le tube et les décibels.
X, La Tribune-Le Progrès

Sa dernière chanson "It's the road", est aussi ahurissante que les précédentes (pareil pour le clip). Sa manière de battre la mesure en opinant du chef jusqu'à bousiller les cervicales n'est vraiment pas non plus ce qui se fait de mieux...
Libération

Ses Fans ? Les 12-13 ans... Ca vaut presque Julien Clerc quand il chante irrésistiblement : "J'aime, j'aime, j'aime les routes bleu-eu-eues, les routes aux six troènes"... Dans la salle une majorité de mouflets. A peines des ados, des préados. Du 12-13 ans filles et garçons tout droit sortis de la "boum 3", sans rien de sulfureux dans la socquette ni le T-shirt. Ils crient à l'école : "Eh, Sandrine, t'as de gros seins !" ou "Janine, Janine !". Et pouffent. Mystérieusement, ils filent aux toilettes par bande de dix ; tous les quarts d'heure, faire on ne sait quoi... L'ambiance de patronage gentil... A feuilleter les journaux qui ont pris pour cible ces chères têtes blondes, on rencontre Goldman à côté de Sophie Marceau et de Gérard Lanvin pêle-mêle. Même combat, mêmes fantômes.
Michel Braudeau, l'Express

Reconverti dans la chansonnette... "Quand la musique est bonne" ou (attention aux jeux de mots sur bonne)... retour à la ritournelle... Flambée sur la gentillesse qui confine à la mièvrerie Duteil... Le sax de Pinpin et occasionnellement le piano de Lance Dixon, limitent le sabordage. Quant aux thèmes moins bulldozer... Quand l'artiste se mêle de faire de l'humour entre deux chansons, le public se retrouve souvent largué, au point d'applaudir à contretemps, ou de se retrouver muet, parce que ça ébranle l'espace d'un soupir l'ordonnancement de la soirée...
Remy Kolpakopoul, Libération le 31/03/84

Gentil Goldman ce soir au Stadium... Il fait rêver les petites filles... Il nous gratifie d'un nouvel album. Sorti il y a deux mois, "Positif" répond à la recette habituelle, avec le tube sucré "Envole-moi" comme il se doit. Bref, le gentil Goldman viendra faire pleurnicher les adolescentes ce soir au Stadium : préparez les gaz hilarants.
La Marseillaise 7/03/198