Par LN (Mars 2002, The
French Touch) :
Lorsque les portes du Réservoir ouvrent vers 19h30, la plupart
des chanceux gagnants du concours RTL2 sont déjà là
depuis une bonne heure. Certains attendent même devant la salle
depuis le début d'après-midi et ont essuyé quelques
averses. Il est vrai qu'un tel concert se mérite, et que chacun
est conscient de la rareté du moment. Mais à peine les
portes ouvertes, premier incident diplomatique : les vigiles prennent
les invitations et refusent de les rendre. Ils soulèvent une
telle grogne chez les fans de JJG (collectionneurs dans l'âme)
qu'ils se voient obligés de promettre de rendre à chacun
son invitation à la sortie.
Nous sommes dans la salle, et là, pour moi comme pour ma soeur
qui n'avons vu JJG que dans des patinoires ou des zéniths c'est
l'étonnement le plus complet. Bien sûr, nous savions que
le Réservoir contenait environ 300 places, mais la scène
est si petite et les spectateurs si prêts qu'il nous faut un temps
d'adaptation malgré tout. En cherchant "la place idéale",
nous croisons Christophe Deschamps et Claude Le Péron (en fait
tous les musiciens se promènent dans la salle), ainsi que quelques
V.I.P issus de la Star Académy, bizarrement esseulé ce
soir-là ( pas de fans en délire ni de garde du corps)
mais qui se "consolent" au bar.
Le concert est prévu pour 20h très précise ( c'est
écrit sur les invitations) mais pour une fois JJG faillit à
sa ponctualité légendaire et commence finalement avec
15 mn de retard. L'entrée en scène est un remake de celle
de Johnny Halliday au parc des Princes, Goldman et ses musiciens fendant
"la foule en délire". Bon d'accord, la traversée
est plus rapide et plus tranquille, JJG gardera son tee-shirt intact
et le peu de cheveux qui lui restent sur le crâne !
Tout ce petit monde prend son temps pour s'installer sur scène
( à 6, ils sont quand même un peu à l'étroit)
et le concert débute avec Veiller tard, chanson intime par excellence,
qui convient parfaitement à l'ambiance du moment. Jean-Jacques
qui parle souvent de qualité d'écoute doit être
content car il interprète cette première chanson dans
un silence quasi-religieux, jusqu'au magnifique solo de fin de Christophe
Nègre. Ensuite ça se gâte! JJG et M.Jones entament
un blues à 2 guitares puis enchaînent avec Je commence
demain, et le public ne se fait pas prier pour donner de la voix. Vu
l'accueil réservé aux 2 chansons suivantes (Les p'tits
chapeaux et Les choses), il paraît difficile qu'elles ne soient
pas intégrées à la prochaine tournée. Jean-Jacques
annonce que ce concert est une bonne façon de tester les nouvelles
chansons devant de "vrais gens". Il est d'ailleurs surpris
d'un tel accueil pour des chansons "peu connues", il le dira
avec un sourire radieux à la fin du spectacle. C'est vrai qu'il
a à faire à un public de connaisseurs ce soir !
Avec bonne idée et On ira, on retrouve les valeurs sûres
de la dernière tournée. La première très
épurée musicalement lors des concerts de 98 ressemble
pus ce soir à la version studio au niveau des arrangements. La
seconde verra le premier trou de mémoire de JJG, il aura attendu
7 chansons quand même. Dans une grande salle personne ne s'en
serait rendu compte mais là bien sûr, ce que l'on n'entend
pas, on le voit, et JJG est un spécialiste des "mimique"
lorsqu'il se trompe depuis les NRJ music awards! Le canon d'Ensemble
n'aura que 2 voix, celle de JJG bien soutenue par le public, et celle
de M.Jones, un peu seul pour le coup mais qui ne s'est pas laissé
perturbé, même si sa voix était largement couverte.
Sur le conducteur de spectacle, Envole-moi devait être la dernière
chanson. Musicalement très proche de la version live 94 elle
ne sonnait pourtant pas comme une chanson de fin et le public en redemandait.
Jean-Jacques annonçait donc la fin : "on m'a demandé
de faire 1h, alors j'ai fait 1h, ah les formats radio..." Mais
sous la pression du public tous revenaient et improvisaient Né
en 17 à Leidenstadt, sûrement la chanson que j'attendais
le moins de tout le concert, la seule de la période Frédéricks/Goldman/Jones,
avec bien sûr un petit clin d'oeil à Carole avec la phrase
"rien ne sera comme avant", très applaudie par le public.
Si je t'avais pas fût une très belle fin à ce merveilleux
moment, 2 guitares et une voix pour cette chanson très explicite,
et les musiciens repartaient comme ils étaient arrivés,
par la salle.
En conclusion, vive les concerts en petit comité et un seul reproche
: c'était trop court !